La seconde vie d'une tamburitza
Nous rendons la voix aux instruments qui ont survécu à un siècle.
Une tamburitza vieille de plus de cent ans, après une restauration complète.
Les tamburitzas construites il y a cent ans ou plus arrivent dans notre atelier avec des fissures, des joints décollés, des pièces manquantes et un bois qui a mis des décennies à retrouver un état stable. Notre tâche n'est pas de les rendre neuves — notre tâche est de les rendre capables de chanter à nouveau.
Chaque restauration commence par la documentation. Nous photographions l'instrument sous tous les angles, mesurons chaque dimension, identifions le luthier d'origine si possible. Nous parlons avec le propriétaire de l'histoire sentimentale — une tamburitza a peut-être survécu à la guerre, à un déplacement, aux générations d'une même famille.
La philosophie est simple : respecter le luthier d'origine. Nous utilisons des matériaux originaux dans la mesure du possible — vieille gomme-laque, bois correspondant à l'original, pièces faites à la main plutôt que des remplacements modernes. Nous ne changeons jamais le caractère de l'instrument. Ce qui manque est construit aux dimensions originales ; ce qui est endommagé est réparé de manière réversible.
Une restauration prend le temps qu'il faut. Un instrument mérite six mois, un autre quelques semaines seulement. Quand il quitte l'atelier, il doit jouer comme il aurait joué il y a un siècle — peut-être même mieux, car le bois a mûri.


